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Ma chère Marianne,

Il aura fallu le temps d’une pose à Dieulefit, dans la Drôme, pour découvrir l’horreur digitale … sur le site… Moi webmaster, j’ai failli à mes devoirs de conseil auprès de toi, Oh grande oubliée de la révolution internet….

Le grand philosophe Fifi-san a dit : « l’arbre qui tombe dans la forêt ne fait pas de bruit si personne n’est là pour entendre sa chute »… Je m’explique:

Au hasard d’un commentaire élogieux sur un de tes articles, je me suis surpris faire un tour sur le site avec mes super-pouvoirs d’administrateur…. Un jour, je te montrerai mes super-pouvoirs mais jamais, Oh grand jamais, je ne te les transférerai… C’est trop dangereux pour l’humanité….

Somme toute, utiliser mes super-pouvoirs, c’est bien mon rôle de webmaster…. J’approuve donc le commentaire, je fais quelques mises à jours de WordPress et autres, et là…

CARAMBA !!!

… des dizaines d’articles en souffrance attendaient gentiment depuis des années d’être PUBLIES.  Mon Dieu ! Quelle horreur…. Marianne n’a pas PUUUU BLIII EEEEE… N’a t-elle pas vu le gros bouton bleu (PUBLIER) en haut à droite de son écran ? (presbytie). Sa souris mangeait-elle du fromage et n’était donc pas disponible ? La fenêtre Windows s’est-elle refermée brusquement après un coup de vent ? Le câble sous-marin de télécommunication reliant Séoul au reste du monde s’est-il coupé ? (non, là c’est pas possible). Je suis resté perplexe. D’un autre côté, « c’est Marianne », je me suis dit…

>> Marianne, après avoir écrit ton article, cliquer sur le bouton PUBLIER, en haut à droit. En cas de difficulté, Saisir la hotline du fabricant de meuble en kit

Bon, j’ai rectifié en espérant que tes lecteurs apprécient. Je n’ai pas tout lu mais ton expérience chez le fabricant de meuble en kit est hilarante !!! Brava

 


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Love, etc…

Le  calendrier annuel ricoche chaque mois sur des dates qui clignotent comme des néons asthmatiques. Je ne parle pas des dates d’anniversaires familiaux ni celles des commémorations religieuses. Non, je parle des grands rendez-vous sentimentalo-consuméristes qui nous strike la tête à coup de fêtes des pères, des grand’mères, de la musique et, qui sait un jour, de ma cousine Lucette.

Et là, que nous réserve le mois de février ? Comment ! Vous avez oublié ? Mais c’est la fête des amoureux, cette foire aux cupidons roses et boursouflés que ce brave saint Valentin déclenchât fortuitement il y a bien longtemps! Est-ce qu’il taguait au cutter  les arbres d’initiales enchâssées ? Était-ce un poétique Damoiseau déclamant du sex and the city version Duquesclin? Un tisserand de soie rose? Que nenni ! C’était un humble prêtre qui  mariait en secret les soldats  à une époque où le méchant empereur Claude II venait d’abolir le mariage, trouvant que les hommes mariés faisaient de piètres combattants. Cela valut à Valentin un emprisonnement et une décapitation : Pas cool à l’époque le mariage pour tous !

Mais le 14 février, juste avant de perdre la tête,  Valentin offrît à la fille de son geôlier des feuilles en forme de cœur avec le message suivant : « De ton Valentin ». Et de  devenir avec ses 3 mots un symbole de « love forever »! Depuis, la Saint Valentin est dans beaucoup de pays la fête des amoureux. Comme quoi des fois, écrire en tôle, ça vous pose une stratégie de communication façon roses- cœurs – flèches pour des siècles. 

Perso, ça me semble ‘achement suspect toute cette débauche de cupidons enturbannés; genre « comme tes sentiments sont un peu mous du genou, dame conso va te piquouser dans le sens de la love attitude.  Et mets- toi au garde à vous de cette tachycardie générale, sinon tu vis un amour en solde ». Et si je ne veux pas mettre mes émois en taille XXL juste pour marauder en meute énamourée, hein ? Et si c’est un 4 juin ou un 11 mai que j’ai le cœur qui s’emballe, y’aura du rififi dans mon couple ? Est-ce que c’est pour ça que j’aime mal et moins ? Non mais de quoi je me mêle ?!

Je ne suis pas la seule que ce plan orsec du love me tender titille. Prenez tous les célibataires par dépit : Le 14 février et sa débauche de gimmicks roses est une flèche douloureuse qui perfore leur solitude. Ce jour-là ils doivent se sentir stigmatisés et isolés dans leur enclos, tels des lépreux.  C’est vrai que ce bling bling du palpitant les poinçonne d’un « toujours pas maqué» discriminant et les coiffe d’un bonnet d’âne de recalés de l’amour. C’est pas glop.

Pour les autres, la horde estampillée amoureux/en couple/ mariés, il y a plusieurs écoles: D’abord, les réfractaires. Ceux-ci snobent la Saint Valentin avec le détachement d’une rombière devant un match du PSG. Ils passeront ostensiblement à côté de l’évènement, quitte à être suspectés de mollassonerie affective.

Ils y a ceux, plein de bonnes intentions, qui vont encore oublier. Pourtant, ils ont rentré une alerte dans leur téléphone qui s’époumone de biiiiip anxiogènes dès 8h du mat ; ils ont semé des mines de rappel dans leurs agendas ; ils ont tagués de post-it l’écran de l’ordi.  Mais, acte manqué ? Refus pathologique de panurger avec toute la clique de moutons ? Même pas ils lâcheront un « bonne fête mon amour », pourtant de base.

Ayant raté ce minimum syndical le jour j, ces inconscients s’exposent à du lourd dans les jours qui suivent, façon règlement de compte en 3D. Leur planche de salut ? Bricoler vite fait une session de rattrapage. Ils diront, la mine suave et le sourire en coin « Je préfère qu’on se passe une chouette soirée ce week end, c’est plus cool qu’en semaine. Alors, samedi : Surpriiiiise ». Ça fait mot d’excuse signé par les parents, mais ça en a sauvé plus d’un/une.

A l’inverse, il y a les marathoniens de l’étape qui ont ficelé depuis des jours un programme de dingues. Sur leur 31 affectif dès l’aube,  ces puristes vont dégainer leur tiercé gagnant fleurs-chocolat –resto, numéro complémentaire : bijoux. Et si ça ne suffit pas, ils guimauvent le bazar avec l’option film romantico- lacrymal à la « Ghost » ou « Titanic ». 

Et à  carillonner une maîtrise de premier de la classe, ils exaspèrent les débutants ou les amateurs…qui ricanent de dépit (quand même envieux) dans leur dos.

 

Mais tout ça ne saura pas nourrir les autres ; y compris ceux qui, ayant une double vie, patinent sur la double boucle piquée du cumul des mandats. Tous ces béotiens sont certes des moutons mais veulent suivre un panurge personnalisé.

Pour eux, il faudrait établir une espèce de catalogue clé en main du prêt à fêter, avec un onglet par typologie client. On y trouverait :

Les écolos et leur package diner aux chandelles sans colorant- soupe développement durable –  drap de lin peigné qui râpe-  mot doux, genre « le seul réchauffement climatique que je souhaite, c’est celui de ton cœur ! »

Les matheux qui s’équationnent un « E=MC2, mon amour !»

Les prêts à liker qui se cliquent des « je TM », un rien minimalistes, mais droit au but.

Les sportifs qui échangeront un baiser en sautant à l’élastique, avec une dédicace haute voltige comme « ton chrono aux 100m sera toujours ma boussole ».

Les tout Jésus qui se liront un passage de l’évangile dans une église de quartier, en s’échangeant une effigie d’Adam et Eve, sans la pomme

Les jets lagués qui se twitteront un « Quel que soit le créneau horaire, je vis à l’heure de ton cœur » 

Les radins qui veulent donner le change avec un « Je rêve d’un bon diner dont tu as le secret : chez toi ce soir ? J’apporterai une demi-baguette ! »

Les juniors avec la lettre CE1/CE2 « tu veu bien aitres mon amoureseu ? Moi je taimes surttou quen tu maportt des bonbonx »

Bon, j’ai l’air de me gausser, mais c’est juste histoire de. Parce que, vraiment de chez c’est sûr, l’important, c’est d’aimer et de savoir se le dire, un 14 février ou pas! 


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Sé(r)vice Client

Quand on pense «Service Client», on pense au choix : a) fourre-tout d’échanges mielleux post consuméristes, b) activateur de doléances musclées, c) grand 8 de la foire d’empoigne.

Moi, au repos, je pense: Service =Eux, Client =Moi. La dernière fois qu’on s’est rencontré Eux et Moi, c’était à l’occasion d’un achat de canapé chez le géant suédois du meuble en kit. Appelons-le «Skøårdt» pour ne pas polémiquer.

Et est-ce la proche ouverture de Skøårdt à Séoul qui me gratouille le souvenir façon tique sous la peau ? Peut-être…

Toujours est-il que tout commence mi-juillet avec mon repérage virtuel des modèles de canapés aux noms ronflants de guerriers vikings : Je fais mon choix à l’écran et, futée comme toutes les ménagères de moins de 50 ans, je m’assure du stock disponible dans le magasin le plus proche de chez moi (40 km quand même !). Le très convivial site internet m’annonce : 5 canapés en stock, délai de livraison 48h après commande en magasin. Nickel.

Arrivée dans le dit magasin, la vendeuse qui tapote ma commande annonce une  livraison en 10 jours, car… le produit n’est finalement plus en stock. Ah ouais ? Et pourquoi que sur votre site Madame La Marchande y’a que c’est possible en 48h ? Problème de mise à jour informatique ? Ah oui, c’est vrai ! J’oublie toujours qu’on masque les disfonctionnements internes avec les forces occultes et récalcitrantes de la technique : c’est dingue cette propension qu’ont les ordi à se faire  une indigestion de connections sauvages ou à se virusser tous seuls, que même feu Steve Jobs ça le scotchait grave. Bon, soit, je prends date pour 10 jours plus tard, je signe 4 pages de contrat, noircies en caractère 8 imprimées 2 faces sur du papier à cigarettes et je m’informe du modus delivery. « Mais chère cliente, la veille du jour de livraison, notre transporteur vous envoie un SMS pour vous préciser l’heure de passage ! ». Royale l’organisation Skøårdt! Je pars, certes délestée d’une somme rondelette, mais contente, d’avoir réglé l’affaire en 2 signatures.

La veille du jour de livraison, un sms sibyllin  me parvient effectivement : « Vous serez livré demain entre 13h et 16h ». Génial ! Même pas on me bloque toute la journée chez moi !

Le lendemain, je prépare la pièce d’accueil du canapé, frétillante à l’idée de m’y vautrer au plus tard à 16h05.

Sauf que…à 16h : rien. 16h15 : rien. 16h30 : toujours rien. Un vague pressentiment me crispe la mâchoire. Bon, un petit retard ça peut arriver. Et puis y’a de la circulation, hein, même en campagne. Sans compter les troupeaux de moutons baguenaudant sur les routes, à la recherche d’un champ de bluets ; ça ralentit l’action, forcément ! Mais, histoire de, je compose le numéro du transporteur qui m’a envoyé le sms. Un répondeur se déclenche au bout de la 3ième sonnerie pour me dire que : « Votre correspondant est indisponible ». Je résiste à la tentation d’interpréter cette indisponibilité par « toi client, dégage racaille, on ne veut pas te parler», et je patiente nerveusement.  

Il est 17h. Je ronge 2 ongles et extirpe ma facture Skøårdt ; elle présente un numéro de commande ainsi qu’un numéro de téléphone. C’est déjà ça! Je compose le numéro de téléphone ; musiquette. Puis, une voix féminine : « Vous avez joint le service commande de Skøårdt. Bienvenue ! Pour toujours améliorer notre service, nous vous informons qu’à tout moment cette conversation peut être enregistrée.  (Mais enregistrez-moi tout ce que vous voulez, pourvu qu’il y ait vraiment une conversation, entre 2 vraies personnes !). Puis :

« Pour ne plus entendre ce message, tapez étoile. Pour suivre votre commande tapez 1, pour un problème de livraison tapez 2, pour un retour commande tapez 3 ».  Et « Pour avoir quelqu’un qui vous écoute vraiment, tapez Soleil» jamais ??. Je tape 2.

«Merci de bien vouloir composer sur votre clavier de téléphone (des fois que j’irais composer une sonate sur le piano à queue!) le numéro à 13 chiffres de votre commande. Pour vérifier l’adresse de livraison, tapez les 5 chiffres de votre département, pour modifier la date de livraison, tapez 1 ; Pour revenir au menu principal tapez dièse ». Mais lequel menu principal ? J’ai tapé tellement de trucs sur ce foutu clavier que je ne sais même pas ce qu’il me disait le menu principal ! Tremblante, je tapote mon numéro de commande.

Et là, c’est la voix métallique de robot cop qui me dit : « Votre commande sera livrée aujourd’hui entre 13h et 16h ».

….

….

Bon, ce petit moment de solitude passé, j’enclenche les neurones, dopés par un instinct de vengeance force 12 sur l’échelle de la haine qui en compte habituellement 10, mais aujourd’hui c’est la fête.

Je compose un deuxième numéro estampillé « Service Client » sur ma facture. Répondeur, musiquette et gingle de conversation potentiellement enregistrée. Puis, un hoquet abrupt dans la musiquette ; yeeees !!! Ça change de rythme, ON va me parler, ON va écouter mon problème, ON va trouver une solution. Mon cœur bat comme pour un premier rencard. Sauf qu’à la musiquette succède un doucereux : « Vous êtes actuellement le 26ième  client en attente, merci de bien vouloir patienter ». Forcément, c’est une blague. Y’a une caméra cachée.  25 gus avant moi ???? Je calcule qu’à 5 minutes par appel, ça me fait…125’, soit 2h05 de temps d’attente ; C’est pas possible! Allez, mettons 3’par appel = 75 ‘=1h15. 1h15 à me chauffer l’oreille avec une musique qui énerverait même une moule apathique! Mais je suis 1) en vacances, 2) tellement énervée que tu me branches des électrodes sur la tête, j’éclaire tout Paris pendant 2 h. Alors j’attends.

Et j’attends très exactement 1h07. J’ai le temps de faire tous les mots fléchés de Gala et d’affuter mon agression verbale. Quand enfin une voix haute perchée me susurre : « Marie Dubois à votre service. Que puis-je faire pour vous ? », je repousse la fugace tentation orgasmique de lui dire : « Mais ça fait 20 plombes que je patiente pétasse! Tu bosses ou tu révises ta recette du bœuf en daube ? » ; car c’est une telle réjouissance d’entendre enfin un être humain, que je la canoniserais quasi  la Marie, qui ne s’appelle jamais ni Marie ni Dubois. Alors j’expose mon souci avec la précision d’une ligne droite…sûre que comme c’est son boulot à la dame, elle va trouver une soluce dans ses circuits pro. Mais quand elle me dit « Ne quittez pas je me renseigne », je hurle: « Non, je ne vous quitte pas, mais ne me quittez pas non plus ! ». 23 (vingt-trois) minutes de musiquette plus tard, la même voix me dit : « Vous êtes toujours là ? », je me retiens de cracher « Ben en fait,  je suis partie au cinoche, c’est mon hamster qui prend le relai! »

« Ne quittez pas, je vous passe le service livraison ». Pas le temps de placer une virgule supplémentaire que la ligne a pris un autre aiguillage.

Ça sonne 3 fois et…bip bip bip : « ça » a raccroché.

J’enregistre des montées de fureur d’une violence inouïe ! Je suis une compil’ d’ « Orange mécanique » et de « Le jour le plus long » en version remasterisée, option sang sur les murs. Parce que là, on est quand même d’accord que de « Service client » on est passé à « Sévices Criants » !!! Et en fait, quand on nous dit que les centres d’appel sont délocalisés dans les pays où les salaires sont moins coûteux, ce n’est pas pour ça ! C’est pour éviter qu’on vienne leur casser la g…… !

 

Epilogue :

Je retourne le lendemain chez Skøårdt. A l’accueil clients, un type, la mine en lambeaux et la voix en décomposition me souffle dans une rhétorique sub-claquante, que hélas, leur transporteur les a plantés et que le chef de service ultra conscient des soucis occasionnés est en ce moment même en ligne avec Paris-Londres-Tokyo pour qu’on me livre mon canapé (ainsi que la cuisine, les chaises de jardin et la chambre à coucher d’un peloton de clients  groupés dans la salle d’attente en position de mêlée de rugby).

Sans doute happé par un flux de phéromones vengeresses qui enfument l’accueil, le chef de service sort des entrepôts, tel Rambo après une attaque surprise de snipers. La mine crispée de circonstance, il nous juuuuuure que TOUT est en train d’être réglé et qu’il prend PERSONNELLEMENT note de où et quand il doit PERSONNELLEMENT nous livrer. Ma date à moi, c’est 3 semaines plus tard. Ben voyons ! Mais pour sanctifier sa bonne foi, il nous transmet, quasi sous le manteau, une adresse web limite classée secret défense, à contacter au cas improbable où…

 La veille du jour j, j’envoie un courriel désabusé à une adresse genre  @excusez-moi-d’être-client-je suis-exaspéré.org. Et est-ce le style limite mafieux de mes propos aiguisés ? La hausse du carburant ? La crise en Ukraine ? Toujours est-il que le canapé arrive bien le lendemain, sans SMS ni répondeur, mais en …pièces détachées et sans notice de montage! 2h plus tard, la bête est assemblée. Et là que ce soit clair, je bois un coup de rouge !

Fini ? Presque : Le lendemain à 19h, coup de fil : Un gars me dit qu’il s’excuse pour son retard de livraison, mais que dans les 20’, il sera chez moi pour me livrer …mon canapé !

Je suis consciente que l’éclat de rire que je lui balance dans les tympans ressemble au cri de la hyène encerclant sa proie…

.. Mais vous savez le pire dans tout ça ? C’est que dès que le magasin Skøårdt  de Séoul aura ouvert, j’y fonce !! Conso, quand tu nous tiens…


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Arrête ton cinéma !!

En mai, fais ce qu’il te plait ! Moi, ce qui me plairait bien depuis le temps que j’écris des chroniques cinéma, ce serait d’aller au festival de Cannes. En plus, Cannes c’est le sud et pas l’ouest, car A l’ouest rien de nouveau.

Et c’est vrai que le festival, ça me fait rêver: Pendant 15 jours, la ville s’internationalise au point que les cannois se font appeler les Citizen Cannes ; et pour eux La vie est un long fleuve tranquille.  

Dans le lot des Visiteurs, il y a toujours des starlettes en herbe qui se font leur cinéma et quand on risque une oreille sur leur conversation, ça donne:

«Le festival, j’adooore! On y voit une tonne de gens connus et moi, j’ai Le goût des autres.

«Oui, mais il y’a tellement de monde qu’on est quasi obligés de prendre Un fauteuil pour 2!

«T’as raison. Il faut bien choisir son spot. Et vu que L’assassin habite au 21, moi je loge au 36, quais des orfèvres,  à l’Hôtel du nord.

«Ne le Ben-hur-le pas comme ça, sinon, ta planque, ça va devenir L’auberge espagnole! 

«Mieux vaut l’auberge espagnole que La maison assassinée!

«Moi, cette année, j’ai loué un studio Quais des brumes. Et heureusement, c’est un coin abrité ; car comme dit Mon oncle  – Milou – en mai à Cannes, Autant en emporte le vent. Mais sans vent, il fait déjà 37°2 le matin. Alors autant te dire que quand Les bronzés font du ski nautique, moi, je rougis au soleil! Du coup pour sortir, j’attends Les nuits fauves.

«Ben, ne fais pas comme Simone qui Signoret qu’elle pouvait mettre son Casque d’or pour se protéger de la chaleur! Couvres-toi la tête! Et si ton front dégouline, éponge-toi avec Les p’tits mouchoirs, sinon, tu vas Canet!

«Ok, ok… mais, Ne le dis à personne, d’ac’? Ce n’est pas très bon pour mon image de future vedette!

«D’ac. Et pour le voyage tu fais comment ? Moi, je vais éviter l’Orient Express : Il y a eu trop de Crimes et Châtiments dedans. Du coup, je prends Le train sifflera 3 fois : ça va plus vite que le Taxi mauve et j’arriverai avant Le dernier des Mohicans.

«Moi, je préfère la voiture : Je suis sûre d’arriver parce qu’avec toutes les grèves du rail et des airs, je me demande toujours : Y’a-t-il un pilote dans l’avion ?

«En tout cas, Vivement Dimanche qu’on y soit! Pour moi, participer au festival, c’est comme retrouver une grande famille!

«Familial, familial… Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages non plus!

«Fa-mi-lial je te dis ! Souviens-toi, l’année dernière, j’y ai croisé Pépé le Moko, Mamma mia, Mon oncle, Rocco et ses frères, Tatie Danièle, Le parrain, Les tontons flingueurs et même Le ciel, les oiseaux et ta mère !…

«C’est vrai qu’ils ont tous un air de famille, mais bon, On connait la chanson : Entre eux, c’est toujours Guerre et paix de nonne y soit qui mal y pense!  

«Ce que tu peux être négative… Tu vois le mal partout ! A peine tu croises 8 femmes, tu penses Epouses et concubines, alors qu’elles posent juste sur la plage pour un Portrait de groupe avec dames!

 «Peut-être… Mais, je préfère quand même être sur mes Gardes à vue; car si le Faucon est maltais, le vrai gentil est Intouchable! Et dans cette foule, on rencontre vraiment n’importe qui ! Je te jure que lors de La nuit américaine, quand  je me suis retrouvée face à face avec Le bon, la brute et le truand, De battre mon coeur s’est arrêté!

«Ah ben oui, mais au  festival, L’aventure c’est l’aventure, rien de Lelouch là-dedans ! Et tu sais bien que pour décrocher des rôles,  Il faut être un peu Patient Anglais sur la promenade, même si c’est un Drôle d’endroit pour une rencontre.

«Surtout si la rencontre, c’est Iron man ! Parce qu’il a peut-être Un cœur en hiver, mais au mois de mai, c’est l’Arna’cœur ! T’as qu’à voir comment il a baratiné Pretty woman ! Et que je te Parle avec elle du Premier jour du reste de ta vie, et que je t’invite Les choristes pour une mélodie en sous –sol près de La Piscine ! Il faut dire que c’est romantique l’espace piscine : Delon en large, il y a des parterres de Gazon maudis plantés de Fanfan la tulipe et de Roses pourpres du Caire ou d’ailleurs, ça dépend du Nom de la rose-.

«En tout cas, le Man et la Woman,  ils ont refait le monde jusqu’ Avatar dans la soirée. Si tard que Les garçons et Guillaume étaient déjà à table ! En même temps, ils se sont tous passé de dessert, car La femme du boulanger est partie avec Charly et la chocolaterie!

«Oui, quelle histoire ! J’ai lu sur Scarface book que pour le rejoindre, elle a pris ses James Bond à son cou, sauté dans le Subway et a tré buché des vanités ! Et La, Boum! Heureusement, 2 Hommes dans la ville l’ont ramassée.

«Et qui s’étaient ces 2 hommes ?

«D’abord, Chouchou et ensuite Coco, celui qui lui Gad El maleh bien ! Tu imagines? 2 hommes à ses pieds, 2 paires d’yeux rivés sur La chute? Et Gérard ment vu Deux par Dieu fixer une chute sauf dans Le dernier métro!

«Dingue! Et qu’est-ce qu’elle a fait ensuite?

«Ensuite,  les joues en feux de la rampe, La Môme s’est remise sur ses pieds pour courir en criant « Arrête-moi si tu peux».

«Nooooon, je ne te crois pas!

«La vérité si j’mens !

«Quand même, à ce niveau-là, ce n’est plus de La mauvaise éducation, c’est Jeux interdits!

«Ecoute, à chacun sa réaction. Education ou pas, elle a écouté son Basic instinct

«Enfin après ça, pour elle, retourner à Cannes, c’est Mission impossible!

«Normal, faut savoir se tenir! Regarde, depuis que Le père Noël est une ordure, lui non plus n’est plus invité!

«Allez tout ça, c’est La vie des autres. En attendant, pour nous, La vie est belle! Et même si le 7ième art, c’est La grande illusion, ça brille comme des diamants, et Les diamants sont éternels!

«T’as raison! The artists, c’est nous! En route pour La dolce vita !

 

Bonnes grandes vacances à tous ! Profitez-en bien : Elles vont presque durer 9 semaines ½ !!


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Complètement C.I.(N).G.L.é.S !

Depuis le temps qu’on nous bassine avec l’importance de la communication, on se dit que forcément, ladite communication est au top de sa forme olympique. Qui dit forme, dit efficacité, rapidité, performance. Et pour être plus rapide, on coupe le sifflet à la périphrase et on décapite les mots de plus de 2 syllabes. Bref on se claquemure dans  l’abréviation. Ça donne: On est pro’, on fait de la récup’, on dej’ bio’ et on va au ciné’.

Mais pour faire toujours plus efficace, on raccourcit encore et on parle en sigles. Vous savez, ces lettres accolées, entre 2 points de ponctuation.

Par exemple, si je vous dis que pour aller à mon R.V à la C.A.F puis aux A.S.S.E.D.I.C et leur laisser un R.I.B, j’ai pris le R.E.R au pied de mon H.L.M avec 2 S.D.F, vous avez bien compris que je ne suis pas une V.I.P  B.C.B.G qui envoie des S.M.S un jour de R.T.T. Tout au plus que je vais tenter de placer mon C.V à l’A.N.P.E (voire à l’A.P.E.C car j’ai un D.U.T en poche) en rêvant de décrocher un C.D.I, qui me sortirait du S.M.I.G. et du R.S.A. Non que je rêve de rentrer à la B.I.R.D ou à l’O.N.U, mais rien qu’un C.D.D chez E.D.F ou la S.N.C.F ça m’irait bien.

Hein que vous avez tout compris? C‘est dire combien les sigles sont passés dans le langage courant ! Pour autant, je ne veux juste pas savoir ce qu’un non français, même diplômé du Français Langues Etrangères -pardon : du F.L.E- a capté.

Et pourtant, ceci n’est que le tout -venant, le plat du jour du sigle. Car dans ce domaine là aussi, y’a les sigles du peuple et puis les autres. Les autres sont ceux estampillés corporatisme et qui te disent : « On se comprend entre nous et toi, racaille, va mourir, t’es pas de ma bande ».

Dans le genre opaque pour le peuple, prenons le monde médical. Si lors d’une bête consultation votre généraliste se lâche et  vous dit: « Quels sont vos A.T.C.F ? Y a-t-il des A.V.C ? A.V.B ? A.M.I.R ? », vous envoyez un S.O.S d’incompréhension, tout raidi sur votre siège. Et lui traduit cette soudaine raideur par : D.R.S = Douleurs Rétro Sternal. Ce qui n’est pas faux, vu comment ça vous crispe de voir en face de vous quelqu’un vous enduire de son jargon sans vous faire l’aumône d’une V.O.S.T. Encore un peu et votre toubib va noter une accélération de votre D.S.C, Débit Sanguin Cérébral, à ne pas confondre avec le D.S.K, le Délinquant Sexuel Kriminel.

En même temps, on ne plaisante pas avec la santé et on confira plus facilement nos I.R.M et notre A.D.N à un médecin parlant d’un patient atteint d’une C.B.P (Cirrhose Biliaire Primitive) qu’à celui qui diagnostique « qu’à force de picoler comme un tonneau et de pisser des pichets de rosé, Mr. Martin a un trou dans la vésicule .Va falloir lui changer la tuyauterie ».

Mais du sérieux à l’arnaque, il n’y a que quelques points de suspension, voire de suspicion.

En effet, est-ce que tous ces sigles ne serviraient pas à masquer du pompeux brassage d’air ? Et si toutes ces reluisantes majuscules, que tu dirais un scrabble de compet’, cachaient de larges zones de vacuité ?

Oh bien sûr, je sais bien qu’une petite M.O.P (Maîtrise d’Ouvrage Public) vaut mieux qu’un grand coup de pelleteuse dans le mur, mais de là à brandir la très fun P.D.C.O.S (Participation pour Dépassement du Coefficient d’Occupation des Sols), je dis stop. Alors, déjà, les sols sont coefficientés (balèzes les sols et matheux en plus !), mais on devrait en sus participer à leur dépassement. Ça ne sent pas l’arnaque à plein nez, ça ? Moi j’dis : Autant s’en remettre au P.C ! Je parle du Permis de Construire, pas du Personal Computer ni du Parti Communiste, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas siglé! Car même si avec le M.O.D.E.M, on rentre en politique autant qu’on se connecte à Internet, le dérapage nous tend les bras.

C’est bien la preuve que les piquouzés du sigle peuvent faire de lourdes sorties de routes : Dans leur cerveau malade, un anodin « J’ai B.U  M.O.N  E.A.U » se traduira par « j’ai Bandelette Urinaire Mulhouse Olympic Natation Emirat Arabe Unis ». Je sais… ça fait un peu Radio Londres en version  les français parlent aux cinglés. Et avouez qu’en temps de paix, y’a de quoi rendre H.S n’importe qui !

De fait, nous sommes tous à risques. Même les people tombent dans le panneau : Prenez BHL, ce lover du PAF, PPDA l’icône du JT, VGE ce pilier du PR -ancêtre du RPR- et BB cette référence de la SPA : Tous sont soumis à la TVA et écoutent des CD achetés à la FNAC!

Alors forcément, quand même les stars se siglent, n’importe quel quidam a envie de se faire mousser ; c’est humain, pas besoin d’être D.R.H ou ancien du K.G.B pour le comprendre.

Et moi, quidam humain,  j’dis que quand tu bosses à la D.G.C.C.R.F ou que tu brasses toute la journée des P.C.R.D et ben ça classe. Plus y’a de lettres, plus tu mérites ton salaire. De fait, ça me fait  A.N.V.I.E (Association Nationale pour la Valorisation Interdisciplinaire des sciences de l’homme et de la société).  Alors si je veux, moi aussi je peux frimer! Je n’ai qu’à vous dire un grand n’importe quoi qui roule les mécaniques, genre : « Je suis invitée à une P.F.I.C.E.E.C. ». Ca en jette, non ? Jamais vous ne devinerez que derrière cette factice Plate- Forme Intergénérationnelle de Compétence Echangée en Espace Communautaire se cache une anodine discussion prof-élèves!

Allez, c’est pas tout ça, mais je dois visionner un DVD pour ma chronique cinéma. Alors,  je termine ce B.D.H.D.M.D.M* et vous dis A.B**!

 

*Billet D’Humeur Du Mois De Mars

 **A Bientôt, car vraiment, Agriculture Biologique n’a rien à voir là- dedans !


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Et vous, comment vous « fêtes » ?

Les traditions rassurent, ancrent et cajolent: Nous en sommes tous de fervents tifosi, assumés ou non. 

Elles sont comme un cocktail équilibré sans ingrédient en rupture de stock. Pour que ça nous gazouille le quotidien, disons qu’il faut 1/3 de racines judéo-chrétiennes, 1/3 de superstition, 1/3 de savoir vivre. Ce qui, pour certains, est d’ailleurs un grand tout de la même chose.  Mais ne polémiquons pas.

Pour marquer le coup des traditions, on secoue tous ces ingrédients dans le shaker calendaire et on se retrouve à dire à la Saint Valentin : «Je t’aimeuhhh pour toujoursreuhhhh» (comme ça, c’est coché pour l’année) ; pour la fête des mères : « Tu es la plus belle des mamans » (et j’ai planqué le miroir) et à la fête des pères : « Mon papa, c’est le plus bricolo » (la perceuse est à la cave, c’est sans risque). On ajoutera un petit « Vive les mariés » pour cosmétiquer un contrat nuptial de 23 pages recto-verso chez le notaire et on saura dégainer un «Bon courage » bien senti qui, en toute occasion, sert de voiture balai.

Pour ceux qui trouvent que ça fait prophétie de camelote de chez Madame- Irma-consultation-sur-rendez-vous-dans -ma-cuisine-sur-la-toile-cirée-à fleurs, ils peuvent se rattraper en fin d’année. Car la tradition qui leur tend les bras, c’est celle de se souhaiter le meilleur pour l’année à venir. « Bonne année, bonne santé », c’est LE sésame de transition de la saint sylvestre.

 Mais à chaque pays sa façon de faire. A objectif commun, mode opératoire différent.

Tout commence dans l’assiette. Le 31 décembre au soir, les français du littoral s’empiffrent en version iodée, les autres en formule volatiles du terroir. Les provençaux alignent 13 desserts sur la table et tout le monde picole en s’embrassant sous le gui.

Alors que les italiens soldent leur Panetone depuis le 26 décembre 8h du mat, les espagnols eux, s’apprêtent à croquer dans 12 grains de raisins : Un grain par coup sonnés à l’église et par mois de bonheur!

Panetone, raisin… voilà qui devrait flatter l’oreille des tchèques qui eux ne mangent que végétarien ce soir- là : Et oui, pour eux, tout animal qui serait dans l’assiette pourrait s’enfuir et emporter avec lui les promesses de bonheur à venir! C’est sûr qu’une plâtrée de choux a moins de velléité d’escapade.

Côté polonais, ambiance récup’ : Au lieu de jeter les écailles du poisson en sauce, ils en mettent quelques- unes dans leur portefeuille pour se porter chance et fortune. Celui qui à la place des écailles glisserait une arête n’aurait rien compris. Faut pas confondre prospérité avec pénurie et poubelle.

Des mets, passons aux boissons : Les canadiens boivent collégialement du rhum après avoir au préalable embrassé une morue (véridique!). De quoi énerver les portugais, plus habitués à la cuisiner qu’à l’embrasser; mais de quoi flatter les polonais, rapport aux écailles de poisson.

Plus tout terrain, les écossais passent le seuil de la maison d’un copain en lui offrant du whisky. Et plus y’a de copains, hips …moins il fait froid dans la gorge ! Plus soft, les jeunes mariés espagnols plongent leurs alliances dans le champagne : Elégants comme rince-doigt!

Après ce que l’on mange ou boit le soir du réveillon, il y a ce que l’on fait pour se garantir une année heureuse.

Les italiennes revêtent des sous- vêtements rouges pour ….on ne dit pas tout, mais ça fait l’affaire des espagnoles et des portugaises qui ont depuis peu adopté cette tradition. L’import- export de la coquinerie est donc en plein essor!

Dans le sud de l’Italie on jette ses vieux vêtements ou meubles par les fenêtres afin d’oublier les mauvaises passes de l’année écoulée. C’est Conforama qui se frotte les mains avec tous ces foyers à rééquiper de neuf! Idem au Portugal, où en plus, on balance aussi sa vieille vaisselle, généralement bleue, par la fenêtre. Mais comme c’est le 31 décembre, on ne dira pas « Tiens, y’a encore une scène de ménage chez les Lopez », mais « Bonne année les voisins! ». Et pour faire bonne mesure, Monsieur Lopez lancera une chaussure en l’air. L’histoire ne dit pas dans la tronche de qui la dite chaussure retombe…

Plus ancrés dans la technique, nos voisins allemands, suisses ou autrichiens s’attèlent à faire fondre du plomb dans une cuillère, à la passer sous l’eau froide et en fonction de la forme figée obtenue, ils sauront dire si l’année à venir sera bonne ou pas. Bon, d’accord, ça sent le diplôme d’ingénieur et le canon de 14… Personnellement, je ne me vois pas dire à ma moitié « Dis Chéri, tu veux que je te dise si t’auras ton bonus cette année ? Passe-moi ta petite cuillère que j’y mette le feu ! ». Reconnaissons que pour les non -initiés, c’est opaque…

Sauf peut-être pour les Danois toujours pragmatiques, qui à minuit montent sur leurs fauteuils pour ressauter sur le sol, les 2 pieds dans l’année nouvelle. On les sent entraînés pour les tests de solidité du mobilier Ikea, leur voisin suédois.  Belle marque de solidarité nordique !

En Roumanie, pas de refonte de la déco intérieure, mais un retour à la culture ancestrale avec dans les rues,  des danses de « La chèvre et sa bergère ». Supposons que la bergère soit d’origine italienne : logiquement, elle portera des dessous rouges. D’origine espagnole, elle mastiquera du raisin.

Vous pensez que je m’égare ? Pas si sûr. Car pour mieux uniformiser l’Europe, nos dirigeants nous façonnent peut-être un  Schengen du jour de l’an. Mais à vouloir nous fédérer à coups sûrs, ils pourraient se prendre les pieds dans le tapis. Et ça donnerait les amendements suivants :

Article 1 : « Tout le monde en petite culotte écarlate à faire le tour des copains, une bouteille de whisky à main gauche et 12 cuillères de plomb sous la langue!»

Article 2 : « Allez! On s’embrasse sous les écailles de poisson et on met du gui dans le portefeuille!»

Article 3 : « Que tout le monde jette en l’air une chaussure végétarienne, bise le fauteuil et saute sur la morue! »

Nota bene : « Celui qui suspend le champagne au cou de la chèvre roumaine n’a rien compris et ne sera pas réinvité l’année suivante».

Et pendant que vous swinguez sous le gui, je vous en colle une petite dernière pour la route : Une tradition populaire  roumaine dit que « A l’épiphanie, si une fille glisse sur la glace et tombe dans l’eau, elle se mariera dans l’année » 

Moi je dis que cette pauvre fille va se faire mal et attraper une bonne crève et que… pour le mariage, c’est pas pour tout de suite. Mais, je ne suis pas roumaine…!

Bonne et sereine année à tous !

 


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Fais pas ci, dis pas ça

Dans la vie, y’a les trucs qu’on fait et ceux qu’on s’interdit de faire.

Comme trucs interdits, listons en vrac : Klaxonner juste pour faire du bruit, filer une gifle méritée au petit dernier à la caisse du supermarché, griller la queue à la poste,  laisser nos fils pisser dans la rue, se mettre les doigts dans le nez (en public, car en privé, ne me dites pas que ça ne vous arrive jamais…), simuler une forte claudication pour s’assoir dans un bus bondé, vider ses déchets honteux dans les poubelles du voisin, jouer au Spider Solitaire alors que les enfants font leur devoirs…La liste est infinie. Mais tout ça, on ne fait pas, même si ça nous démange.

En lisière des trucs interdits, y’a des trucs qu’on fait quand même, mais sans vraiment toujours les assumer. Un peu comme s’ils étaient fichés dans les petites hontes sociales. Par exemple, se planquer pour lire les consignes de sécurité dans l’avion, parce qu’on n’avoue pas qu’on  pète de trouille au décollage. Libérer une bonne grosse bordée de jurons hors antenne parce que, de temps en temps ça décoince! Sauf qu’en public, on n’ose pas, normal ! Se ronger les ongles ou fumer dans la rue. Et même fumer tout court,  ce qui oblige à se justifier pendant  2 bonnes minutes pour aller allumer sa nicotine sur le balcon des copains à la fin du diner ; ça plombe le plaisir d’au moins une bonne moitié de clope!

Et puis, quand on n’assume encore moins, on construit tout un discours pour planquer la réalité, pour que ça passe mieux. Genre masquer la virée entre copines à votre conjoint en pleine semaine de révision budgétaire. Ben oui, à la question « t’as fait quoi, toi, aujourd’hui ? », pas facile de lui avouer qu’on a arpenté toute la journée les stands du salon du design. Alors on délaye un hypothétique courrier à la sécu, qu’on a mis disons… 3h à écrire.

Et voilà comment on se retrouve 1 pied dans le mensonge par omission, l’autre dans le double langage. Car le compagnon du «  fais pas ci » c’est bel et bien le « dis pas ça ». Et ce nouveau langage édulcoré nous oblige à un décryptage de tous les instants.

Je m’explique : Quand un anglais  dit « I suppose, i could do it ! », on a très envie de croire que c’est faisable. Or, il a juste dit « n’y pense même pas en rêve ». Sauf que c’est moins violent. Pareil quand on dit « Bonjour » à la dame sans ajouter « toujours pas mieux lunée, pétasse », ça frustre nos instincts revanchards de base, mais ça fluidifie les rapports. Et que dire du  «  Et ta fille, scolairement, ça va mieux ? ».  On répondra « les résultats sont encourageants », amputé d’un légitime «  mais, vise d’abord le bulletin de la tienne et on en recause ! 

Bref, on met de l’huile, on met des patins aux pieds des mots pour ne pas rayer le parquet des convenances. Ou pour embellir des réalités. Et dans notre société, pour embellir, ça embellit !!

Dans le tout- venant de ce salon de beauté linguistique,  on trouvera le : « Pour votre sécurité, contrôle radar fréquent », qui n’est rien d’autre que la version soft de « roule moins vite, sinon, c’est 2 points de permis qui sautent ! ». Idem avec le : « Pour votre confort, la municipalité réaménage la chaussée » synonyme d’embouteillages -poussière –bruit pendant 6 mois dans la rue. Ou mieux : « Pour simplifier votre déclaration de revenus, votre formulaire est pré-rempli », qui déguise maladroitement un « tu ne pourras plus rien planquer, il faut que tu banques, l’état est à sec » ! Et quand on lit « Courcelles sur Auron, Carrefour européen du pétunia » qui sous- titre les 2 pots de fleurs sub- claquantes sous une pancarte communale, on pense flirter avec  le zénith.

Mais il y a plus tordu, façon réconciliation des masses laborieuses. Et que je te tartine les éboueurs en « Techniciens de surface », les dames pipi en « Partenaires propreté », la négo clients en « Gestion des interfaces relationnelles en milieu externe ». Et quand on aura compris que «  Coach en aménagement d’espace -rangement » n’est que la version 2.0 de femme de ménage bien organisée, on pensera avoir atteint l’Everest du lifting verbal. Que nenni ! Car ça s’apothéose sur les cartes des restaurants.

De fait, exit le bon vieux « Plat du jour » ! A la place, on lira « L’humeur du Chef ». Et que nous propose-t-il le chef, ce même Roger dans son relai routier rebaptisé « Auberge du val chantant » grâce à 3 poutres en contreplaqué fixées au plafond ? Mais toujours la même salade composée, le même poulet sauce champignons et l’éternelle tarte aux pommes ! Sauf que désormais on se pâmera sur la carte en lisant : « Valse à trois temps de pousses du verger,  Triomphe de basse-cour dans son écrin forestier,  Cantique de fruit défendu en méli-mélo ». C’est pas la classe internationale ça ? Et quand il aura imprimé «  Voilage de cacao sur sa gondole des 4 vents » pour parler d’un cake au chocolat, on lui décernera la médaille de la parabole !

Vous trouvez qu’on nous prend pour des crétins ? Mais non, allez… C’est  juste qu’on paillette des mots pour faire scintiller des réalités moins glamour. N’empêche que quand « l’espace tickets » a toujours son guichet collant et sa longue file d’attente, que la « Classe détente » masque une bétaillère où mes genoux me rentrent dans le menton et que  « La formule relax » me laisse juste les yeux pour pleurer, j’ai l’impression de lire les sous titres d’un film slovaque des années soixante. Et je ne parle pas le slovaque, c’est vous dire si ça m’énerve !

En même temps, s’énerver n’est pas un truc interdit. C’est même un truc facilement assumé.  Voilà : C’est fait, c’est dit !

Sur ce, pour retrouver mon capital sérénité (= me calmer), je vais de ce pas redimensionner mon espace de vie (=ranger la cuisine) et relaxer mes capteurs sensoriels (=me coucher) !

Marianne Granier


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On s’fait la malle !

 

 Tous ceux qui viennent de déménager et s’installer dans un nouveau logement ici ou ailleurs ont récemment conjugué les verbes trier, classer, vider, éliminer, bruler, bazarder à tous les temps de l’exaspération.

 

Pourquoi exaspération ? Parce que non seulement cet exercice ingrat énerve, mais aussi oppose avec virulence les « qui jettent » aux « qui gardent ». Ces 2 tribus  antagonistes sont pourtant complémentaires. Pour mieux comprendre, une petite radiographie s’impose :

 

Les « qui jettent », stars du désencombrement sont les piranhas du trop-plein : Après leur passage sans équivoque, il n’y a plus rien que du net, du logique, de l’utile. En un mot,  du qui sert souvent et on sait à quoi. Les « qui jettent » raisonnent en valeur d’usage du produit sans s’encombrer de sentimentalisme volumophage.  Les vêtements non portés depuis 2 saisons, les tasses ébréchées, les livres jamais lus et les magazines déjà lus, tout ça est expédié dans l’Ad Patres de la poubelle : Ils savent digérer les surplus et liquider sans état d’âme. En bref, le « qui jette », tel un César lors des jeux du cirque,  baissera le pouce vers la marée de cartons pas ouverts lors du précédent déménagement. Alors que le « qui garde » les fera charger dans le camion, un rien honteux certes, mais en se réjouissant de redécouvrir prochainement leur contenu caché et follement insolite.

 

En effet, les « qui gardent » sont comme Mère Nature : ils ont horreur du vide. Ils thésaurisent,  entassent, emplissent. Et qu’emplissent-ils ? Mais tout ! Absolument tout ! Les penderies à vêtements, les remises outils, les placards de cuisine. Les « qui gardent » déménageront jusqu’à leur tondeuse à gazon même s’ils vont vivre en appartement !

 

Car, plus contemplatifs et moins expéditifs, ils appliquent la loi de la deuxième chance à des monceaux d’objets en psalmodiant l’alexandrin « on-ne-sait-jamais-ça-peut-toujours-servir-un-jour». Et pour les « qui gardent », cette litanie est au présent du…définitif!

 

Je disais que ces 2 tribus sont antagonistes. Certes. Elles sont pourtant complémentaires. Et comme la vie est bien faite, on remarque que dans les couples, il se trouve généralement un exemplaire de chaque tribu, tant la complémentarité est mère de l’harmonie. Sauf que le nez sur un carton de déménagement, on passe de l’harmonie au chaos.

 

Il faut dire que la phase « cartons » est délicate, voir anxiogène. Alors que votre obligeante moitié encastre son tabula rasa dans votre fibre conservatrice (ou le contraire), des échanges à l’acrimonie non masquée éclatent. Exemple :

 

L’autre : « ça, tu ne t’en sers jamais! J’avais même oublié qu’on avait ce ramasse poussière »

 

Vous : « Et alors, c’est un souvenir »

 

L’autre : « Mais les souvenirs, on les a dans la tête, pas au fond d’un placard !! »

 

Vous : «Est-ce que je jette ta collection de disques vinyle, moi ? On a même plus de stéréo pour les écouter! »

 

L’autre : «oh la mauvaise Foi ! On rêve ! C’est le seul truc que je garde et ça prend un ½ carton ! »

 

Vous : « Mes ramasse poussière comme tu dis, ils me viennent de ma grand-mère et j’y tiens !  De toute façon, tu ne peux pas comprendre… »

 

Le ton monte façon  virée chez Ikea un samedi de rentrée scolaire. Le rationnel s’étripe avec l’affectif. Les oripeaux d’objectifs labourent les lambeaux de sentimental. Et tout le monde va droit dans le mur.

 

Heureusement, avec les années, les antagonismes s’émoussent  et de bienheureux glissements de terrains remettent la balle au centre, poussant une tribu vers l’autre.

 

Par exemple, un « qui jette » jusqu’ici puriste de l’utile-sinon-rien, fera avec le temps un faux pas du côté de l’affectif : Non qu’il gardera en souvenir la liasse de ses premières factures de téléphones libellées en franc français, non, faut pas pousser.  Mais il donnera quelques années de répit à un délicat collier de pâtes estampillés « Joyeux noël papa-maman ». On n’est pas des brutes quand même !

 

Même phénomène chez le « qui garde », mais avec des paliers de décompression. D’abord, étape 1,  le « qui garde » biaise et achète des contenants supplémentaires pour y loger les contenus en vrac : Il sait confusément  qu’il trimbale trop de choses inutiles, mais au moins c’est rangé. Il a bonne conscience et c’est plus discret pour le regard acerbe du « qui jette ». Puis, étape 2, les nouveaux contenants débordent à leur tour. Et là, étape 3, le « qui garde » expérimente son changement de cap le jour où il ne sait plus exactement si ce bougeoir décati est l’ultime cadeau de feu une grand’ tante chérie ou bien un cadeau de la Redoute. Ok, il a mis 10 ans, mais ça y est : il fait passer le bougeoir et sa poussière du carton de chargement estampillé « divers buanderie » à celui d’Emmaüs. Car de bougeoir sans bougies en sacs de chaussures trop petites, il va falloir mettre un coup d’arrêt aux déménagements hollywoodiens et leurs factures stratosphériques. Il faut dire qu’en 10 ans, le volume transportable est passé de 40 à 70 m3!

 

J’en devine qui se gaussent. Mais que ceux qui n’ont pas chez eux un stock de clefs à n’ouvrir que des souvenirs jettent aux « qui gardent » le premier sac poubelle!

 

En attendant, tous ceux qui se sont fait la malle vont devoir défaire leurs malles. Et c’est carton, euh…coton ! Alors bon courage à eux et bonne rentrée à tous !

 

 

 

 


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Ça des-notes…

 

La fin de l’année scolaire approche et le couperet des ultimes bulletins de notes de nos enfants aussi. En tant que parents comblés par une marmaille au QI supersonique, nous pourrons tous nous gargariser des appréciations variant de « Excellent » à « Travail remarquable ». Enfin bon…Presque. Mais on ne va pas chipoter ni se plomber le moral pour quelques « Doit persévérer », « Certaines difficultés subsistent » ou « Travail irrégulier » qui viendraient très éventuellement baguenauder entre les lignes.

Car tout cela n’est que du menu fretin. Il y a bien pire. Et dans l’échelle du pire, que même une perfusion d’humour en intraveineuse ne pourrait adoucir, il y a ce que nous cauchemardons de recevoir un jour des mains de l’un de nos rejetons. Vous ne voyez pas ce que je veux dire ? Eh bien imaginez un retour d’école avec, dans le cartable, le fatidique A4 noirci des commentaires suivants :   

Français : 3/20.  A conjugué toute l’année le verbe travailler au conditionnel : Si le passé de cet élève est simple, son futur l’est beaucoup moins.

Histoire et géographie : 4/20. Année sans histoire… ni géographie non plus !

Economie : 3,5/20. Maîtrise bien la notion de politique d’austérité en s’auto- appliquant une  totale restriction de travail et de motivation.

Philosophie : 3/20. Risque l’insolation à laisser à ce point sa réflexion errer dans le désert.

EPS : 2/20. Présence physique constatée

Anglais : 1/20. Game over!

Math : 1/20.  Le domaine de définition d’une fonction mathématique va de zéro à l’infini : a personnellement démontré sa maîtrise du zéro.

Italien : 2,5/20. Pratique avec aisance la Dolce Vita

Physique : 1/20. A soigné le sien toute l’année en courant alternatif.

Technologie : 4/20. N’a toujours pas compris le fonctionnement d’une ampoule mais se prend pour une lumière !

SVT : 2/20. S’il tombe plus bas, va finir par trouver du pétrole

Musique : 1,5/20. A dès la rentrée de septembre DOrmi, REvassé, MInaudé, FAinéanté, SOLiloqué, LAnterné et s’est tenu en SIlence à ce diapason.

Méthodologie : 2/20 : Bruyant à l’oral, brouillon à l’écrit.

 

Art plastique : 2/20. Pense que le copié-collé est un art majeur non reconnu à sa juste valeur.

Informatique : 6/20. EXCELe dans le maniement de Face Book pendant les cours.

Vie scolaire : 5/20 : A bien intégré le mot vie. Doit encore découvrir le sens du mot scolaire.

Bilan général : Ne fait rien, même pas semblant. Invité à quitter définitivement l’établissement. Stage recommandé dans la vie  active passive : Essayeur de matelas, à mi-temps.

Bon, ça bien sûr, ce serait le bulletin pitbull. Celui qui fait très peur, qui aboie dans les neurones et mord l’égo en pleine face.

D’ailleurs, côté égo, je ne serais pas plus zen que ça, si quelqu’un trouvait divertissant de me rédiger mon bulletin de notes perso, histoire d’évaluer ma performance scolaire de l’année. En fait, je le redouterais autant que mes enfants le leur. Parce que entre nous, mais seulement entre nous, y’aurait quand même un risque d’y lire ceci :

Ponctualité matinale : 5/20: A montré une constance quasi obsessionnelle dans ses retards. A développé une stratégie fourbe, mais payante,  du passage par le portail des maternelles, ouvert plus tard que celui des primaires.

Commande de livres scolaires : 13/20.  En nets progrès; s’est juste mélangé les pinceaux sur la commande des livres additionnels de français. En même temps, lire Kafka à 11 ans, ça se tente…

Maîtrise du mot de passe sur Pronote : 10/20 :   N’adécouvert qu’au 3ième trimestre qu’elle pouvait se créer un mot de passe plus facile à retenir que XwzqH27njM14yyK874. Va au-devant de sérieux problèmes si elle ne se déniaise pas rapidement en informatique.

Organisation des cadeaux d’anniv’ : 8/20. A certes participé à tous,  mais s’est mollement reposée sur la disponibilité des copines toute l’année. Risque de voir ses enfants black listés des fêtes d’anniversaire l’année prochaine.

Travail manuel : 2/20 : En cuisine et couture, a repoussé avec brio les limites du néant. Nous conseillons une réorientation vers les surgelés et les ourlets thermocollés.

Correction du langage : 15/20.  S’est parfois laissé aller à dire m…., p…, c.., mais jamais devant les enfants.  Manquerait plus que ça !

Présence du goûter à la sortie de 16h : 1/20. Devant son oubli quotidien, ses enfants continuent à aller racketter les copains, pour la 9ième année consécutive.

 

Pratique de l’italien : 9/20.  Malgré ses efforts, continue de déclencher l’hilarité de ses enfants. Devrait arrêter de croire que sa prononciation très personnelle lui donne un certain charme.

Co-voiturage : 18/20. A su bien s’entourer de bonnes âmes bien organisées, elles !

Patience : 1/20. Bilan annuel aussi affligeant que « les Anges de la téléréalité ». Doit se ressaisir pour ne pas tomber dans un plagiat de Louis de Funès.

Participation orale : 2/20. Continue à confondre logorrhée verbale et conversation enjouée. Devrait se booker une semaine de retraite dans un monastère de carmélites.

Equilibre alimentaire : 3/20. Doit arrêter le chocolat après 22h. Et même avant…Et puis le saucisson aussi. Et puis les frites. Et la mayo.

Assiduité au café du matin : 18/20. A explosé sa feuille de présence et fait grimper la conso locale de capuccino. A chacun son benchmark !

Courtoisie au volant : 12/20. Est restée stable malgré sa perplexité face à la pratique locale du code de la route.

Orientation : 3/20. Doit arrêter de dire « Même pas je sais où c’est sans mon G.P.S », et doit apprendre à combattre sa dispersion naturelle.

Nostalgie des potes ayant quitté Milan : 14/20 : Sait désormais pleurnicher toute seule dans un coin sans imposer ce lamentable spectacle à ceux qui arrivent. Nous sommes confiants pour la rentrée de septembre 2013.

Bilan général : Doit s’accrocher et ne doit pas se laisser démoraliser par le départ imminent d’une nouvelle et toujours trop forte vague de copains. Eu égard à son ancienneté, admis de justesse à passer dans l’année scolaire suivante.

Bonnes vacances à tous et à très vite !


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T’as le look, cocotte !

 

Oscar Wilde est un pote à moi. Pourquoi ? Parce qu’il a écrit : « La mode c’est ce que l’on porte. Ce qui est démodé c’est ce que portent les autres ». Ah, ouf ! Je peux donc continuer sereinement à assumer mon non-look, dédouanée du diktat des pages rutilantes des magazines de mode.

Ça tombe bien, parce que je les trouve de plus en plus complexes les dites-pages. Pas vous ? Certes, quand on lit « Osez un look griffé ! » on comprend qu’il ne s’agit pas d’un amant hypothétique s’affutant les ongles sur nos joues. Mais pour décrypter les tendances vestimentaires, mieux vaut se munir d’un glossaire Anglo- branchouille qui nous perfuse de : Must-have, trendy, look, grunge, revival, vintage, wild, over size, easy, glamour, fashion et tant d’autres. Tout ça pour nous persuader qu’avec les tenues présentées, on aura l’air  carrossé comme des phantasmes. Comme je ne demande qu’à le croire, je commence à feuilleter.

Je lis : « Des imprimés wall-paper en total look », « Silhouette hot en santiags sixtee’s », « Dark mais smart, le cuir se porte en easy- attitude ». D’accord… Là, tout de suite, sans palier de décompression, j’avoue que c’est opaque. Je n’ai pas bien saisi si je dois me coudre une robe dans un K-Way Vendée –Globe ou bien m’outiller chez Leroy Merlin pour clouter mon tee-shirt. Alors je poursuis et découvre que le mot  « chic » vertèbralise tous les autres. Exemple : « Vintage chic », « Casual chic », « Grunge chic ». En fait,  ça veut juste dire  qu’il me faut un accessoire cher pour valider que je ne sors pas d’un shopping chez Emmaüs. C’est sûr que chausser des pompes à 450€, ça aide à faire passer les trous dans les collants, pourtant follement hype !

Après « chic », 2 mots incontournables me sautent dans la garde-robe: D’abord « décalé » : Si mes tenues ne le sont pas, c’est moi qui le suis. Ensuite « ré- interprété ». Par exemple dans : « On cocoone en classique ré- interprété », je capte que si je garde le classique tel quel, je vire bobonne versaillaise. Et quand je lis que le jean lacéré et taché à l’eau de Javel devient « le must have destroy chic », je pige tout de suite que dans le dressing de Kate Moss, y’a pas que la ménagère de plus de 50 ans.

Déniaisée par ces sous-titres, je m’aventure dans les légendes des photos. Avec « ON opte pour La gipsy attitude », je traduis : une dégaine de voyante en roulotte, le tarot en moins, plein de jupons en plus. Le « ON craque pour la veste over size imprimée vitraux » me projette flottant dans un remake de la cathédrale de Reims. Le « ON aime le look collège -chic » se fluidifie illico en un patchwork de tissus à carreaux et de socquettes (dire : socks) à rayures. Et avec le « ON veut le sautoir  en maille XXl pour dédramatiser un imprimé léopard », je flirte avec un rôle de figuration dans « Millénium, saison 2 ». 

Vous noterez au passage le sur-emploie de ce « ON » dictatorial, faussement fédérateur qui vise à nous intégrer au forceps dans le clan de celles qui ont tout compris à la mode.  Evidemment, quand je dis mode, c’est celle  de la rue; pas celle des grands couturiers. Eux, ils ont l’immunité parlementaire. Car  pour vendre une jupette froissée au prix d’une voiture neuve, forcément la jupette sera tendance et de bon goût.

Parce que je ne veux pas faire ma paysanne du Gers sortant de la traite des vaches, mais y’a quand même des tenues qui me laissent perplexe. Pourtant, j’essaye de m’imaginer dans le drapé moulant de la page 25 du « spécial tendances 2013 ». Spontanément, je trouve que le drapé fait rideau de cuisine, que tu dirais une photo du stand des arts ménager Porte de la Villette. Mais bon, soit. A la page suivante, je découvre que je peux « Pimenter mon allure » en combinaison de peintre en bâtiment avec des bottes de pluie en lézard fluo, mais seulement à talons ; à plat, ça frise la faute de goût. Ah ben oui, le talon haut, c’est sûr que ça galbe son ouvrier! Page 30, je découvre que la dentelle que je pensais réservée aux napperons de la tante Germaine va me ceinturer les hanches pour me donner un air « virginal décalé ». Ça, pour être décalée, je vais être décalée. Voire recalée ! Car même si on me dit que des rangers aux pieds cassent le côté juvénile d’un tutu fluo façon « Lac des cygnes »,  je me vois mal faire une sortie d’école avec !

Mais ça, c’est parce que je dois changer ma no – fashion –attitude. Mes derniers blocages de conservatisme devraient s’oxygéner avec « la version pyjama de jour ». Tiens, c’est vrai, je n’y pense pas assez à l’inversion jour-nuit. Pardon : Day-night. Pour se faire, il suffit d’enfiler une veste de running Adidas en lycra sur une nuisette de satin, se mouler les jambes dans des collants en pilou à rayures, se coller au cou un collier de chien, puis de glisser les  pieds dans des tongs. Si je fais ça, seuls les ignares compatissants penseront : « pauvre femme, elle doit être bien seule… », car les piquousés mode m’immortaliseront sur leur I phone 5 dans un soupir d’extase : Je deviendrai enfin une tendance.

Mais quand même. On a beau savoir que le diable s’habille en Prada, il faut beaucoup de recul pour se croire irrésistible dans un body pailleté toile à matelas. Mais tant que les fringues ne nous invectivent pas d’elles –même d’un « oublie-moi, t’as vraiment l’air tarte », tout est permis. Alors,  le manteau de fourrure avec des mi-bas résille rose? Foncez ! La robe dos-nu avec des crampons de 12 aux pieds ? Trop funkie-rétro! Et les orteils nus dans des après-ski pour valoriser un short en chute de moquette compressée? Où est le problème ?! Mais le jour où on cherchera le balai de chiottes pour accessoiriser la tenue « Télétubbies revival », il faudra qu’on s’arrête. Sinon, on s’entendra bientôt dire à sa copine : « Ta gaine moulante, portes-la avec des Spontex aux hanches, c’est trop stylé ! »

Bref, je crois que pour moi, la mode, c’est plié : je n’y comprends rien. Même pas grave, je ne suis pas rédac ’chef chez « Vogue ».

En attendant, je sors ce soir. Et vous savez comment je m’habille ? Une robe noire, coupe droite.


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